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Echanger n’est pas tromper
L’échangisme accorde les corps et se joue des sentiments. Pratiqué en couple selon des règles strictes, il a finalement peu de rapport avec l’infidélité, secrète et romantique.
L’échangisme a le vent en poupe. La littérature branchée (Michel Houellebecq ou Catherine Millet) lui offre des lettres de noblesse, les clubs se multiplient,et les « adeptes » sont de plus en plus jeunes. Est-ce l’indice d’une nouvelle façon d’être infidèle sans se « tromper », ou de demeurer fidèle tout en s’offrant le luxe de quelques incartades sous le regard de l’autre ? Risques et enjeux de cette infidélité vécue à deux. Des couples de plus en plus jeunes Des couples de plus en plus jeunes
Il font partie de la « nouvelle génération » des échangistes. Un rajeunissement de cette population qui peut s’expliquer par un désenchantement de plus en plus précoce vis-à-vis de la sexualité. Ce n’est plus au milieu de la quarantaine que les couples commencent à avoir envie de pimenter leur vie, mais aux alentours de la trentaine, affirment les sexologues. Internet et ses sites échangistes sont depuis passés par là.
De plus, selon le psychanalyste Gérard Pommier, il est clair que la perversion soft – exhibitionnisme ou voyeurisme – peut faire aujourd’hui figure de modèle auquel il est de bon ton de se conformer.
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L’homme décide, la femme récidive
« Dans 90 % des cas, c’est à l’initiative de l’homme qu’un couple se rend dans un lieu échangiste, mais c’est la femme qui pousse son compagnon à récidiver. Au début, la femme suit plus par amour que par curiosité. » Elle ajoute, amusée : « C’est après que le processus s’inverse. Lorsque la femme découvre qu’elle peut, à travers le multipartenariat, le saphisme ou d’autres jeux érotiques, enrichir sa sexualité, l’homme panique et arrête tout. »
« Logique, confirme le psychiatre Willy Pasini. Courageuses, les femmes vont beaucoup plus loin lorsqu’elles transgressent les tabous. L’homme échangiste a des motivations qu’il ne s’avoue pas toujours, telle l’homosexualité refoulée lorsqu’il jouit par procuration du spectacle de sa compagne faisant l’amour avec un autre. Ou encore, il déteste la comparaison, surtout lorsqu’elle lui est défavorable.
Lorsqu’un couple échangiste se sépare, la femme réitère souvent cette pratique, l’homme très rarement. »
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Une sexualité très codifiée
L’échangisme a donc peu de rapports avec l’infidélité, en ce sens qu’il est préalablement très codifié par la plupart des couples l’exerçant : ils se rendent dans ces « clubs pour couples », ne laissant aucune part à l’inconnu sur l’issue même de leur soirée.
Quand ils passent par le Minitel ou Internet, ils spécifient les codes, les modes opératoires et les territoires à respecter : « Trio OK, homme seul exclu, monsieur regarde juste, madame refuse ceci ou cela… » Les notions de propriété, de territorialité physique et affective y sont donc trop présentes pour que l’on puisse l’assimiler à de l’infidélité qui, par essence, reste synonyme de mensonges, d’absences du partenaire, voire de sentiments amoureux exogènes à la sphère conjugale.
« Les échangistes, qui se revendiquent comme tels par esprit de totale liberté sexuelle, évoluent en plein paradoxe, Il n’y a pas plus emprisonnant que l’échangisme :
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